Satellite infrarouge ou visible : pourquoi deux images du même ciel
L’une montre la lumière réfléchie, l’autre la chaleur émise. Elles ne racontent pas la même histoire, et l’une des deux ne fonctionne pas la nuit.
Les satellites météorologiques géostationnaires observent en permanence le même disque terrestre, depuis 36 000 km. Ils ne prennent pas une photo : ils mesurent, canal par canal, l’énergie qui leur parvient.
Le canal visible : la lumière du Soleil, réfléchie
Il mesure la lumière solaire renvoyée. Un nuage épais réfléchit beaucoup et apparaît blanc ; l’océan absorbe et apparaît sombre. La résolution est excellente et la lecture intuitive.
Son défaut est absolu : il ne voit rien la nuit. Pas de Soleil, pas de lumière réfléchie, image noire.
Le canal infrarouge : la chaleur, émise
Il mesure le rayonnement thermique émis par les surfaces et le convertit en température. Comme l’atmosphère se refroidit avec l’altitude, cette température indique la hauteur du sommet des nuages.
C’est là que la lecture devient un diagnostic : un sommet très froid signifie un nuage très haut, donc une convection puissante — un orage. Les taches les plus froides d’une image infrarouge sont les cellules les plus actives.
Ce que l’infrarouge ne distingue pas. Un brouillard au sol a la température du sol : il se confond avec lui. C’est le cas où le visible l’emporte — et l’une des raisons pour lesquelles les deux canaux existent.
Ce qu’ils ne remplacent pas
Un satellite voit le sommet des nuages, jamais leur base ni ce qui tombe dessous. Une couche épaisse peut ne rien donner ; un petit cumulus peut crever. Pour savoir s’il pleut, c’est le radar qu’il faut regarder — et pour savoir s’il pleuvra, le modèle.