Lire un diagramme ombrothermique en trente secondes
Deux courbes, une règle d’échelle bizarre, et vous savez si un climat a une saison sèche. C’est la figure la plus dense de la climatologie, et elle date de 1967.
Le diagramme de Walter-Lieth ressemble à un banal graphique à deux axes. Il cache une convention qui en fait un outil de diagnostic immédiat.
La règle : les millimètres au double des degrés
L’axe des températures est gradué en degrés Celsius. L’axe des précipitations est gradué en millimètres, à deux fois l’échelle : 10 °C face à 20 mm, 20 °C face à 40 mm, et ainsi de suite.
Ce n’est pas arbitraire. Ce rapport approche grossièrement l’équilibre entre ce que l’atmosphère peut évaporer et ce qu’elle apporte. Il permet la lecture suivante, immédiate :
Là où la courbe de température passe AU-DESSUS des barres de pluie, le mois est sec. Là où elle passe en dessous, il est humide. On n’a aucun calcul à faire : on regarde qui est au-dessus de qui.
Ce que la figure raconte, région par région
- Un climat océanique — Brest, Rennes — n’a aucun croisement : la courbe reste sous les barres toute l’année. Pas de saison sèche.
- Un climat méditerranéen — Marseille, Perpignan — montre un croisement franc en juillet-août : deux à quatre mois secs, c’est la signature du type.
- Un climat de montagne montre des barres élevées et une courbe basse : humide et froid, sans saison sèche.
- Un climat semi-continental — Strasbourg, Dijon — a un maximum de pluie en été, contrairement à l’intuition, parce que les orages convectifs y apportent plus que les perturbations d’hiver.
Pourquoi respecter l’échelle importe
Beaucoup de graphiques publiés en ligne portent deux axes choisis « pour que ce soit joli ». La figure y perd toute valeur diagnostique : le croisement n’indique plus rien, puisqu’il dépend du cadrage.
C’est la raison pour laquelle ce site respecte le facteur deux, y compris quand la figure y perd en élégance : une convention qui date de 1967 permet de comparer votre commune à n’importe quelle station publiée depuis, partout dans le monde.
Ce que le diagramme ne dit pas
Il ignore la réserve du sol, le ruissellement, la nature du couvert végétal et l’intensité des pluies. Un mois à 60 mm tombés en une journée n’a pas le même effet qu’un mois à 60 mm étalés — et le diagramme les dessine à l’identique. C’est pour cela que la rubrique Eau du site publie séparément l’intensité moyenne et la part des pluies extrêmes.