Les degrés-jours : compter la chaleur au lieu de la mesurer
Une plante ne pousse pas parce qu’il fait 25 °C aujourd’hui. Elle pousse parce qu’elle a accumulé assez de chaleur depuis le printemps. D’où une unité étrange, et très utile.
Le développement d’une plante, d’un insecte ou d’un champignon ne dépend pas de la température d’un jour, mais d’un cumul. Sous un certain seuil, rien ne se passe ; au-dessus, le développement avance d’autant plus vite qu’il fait chaud.
Le calcul, tenu en une ligne
Chaque jour, on retranche une température de base à la température moyenne. Si le résultat est positif, on l’ajoute au compteur ; sinon, on ajoute zéro. L’unité est le degré-jour.
- Base 6 °C : céréales à paille, colza.
- Base 10 °C : maïs, vigne, tournesol.
Aucune base n’est « la bonne » : elle dépend de l’espèce, parfois du stade. C’est pourquoi ce site laisse le choix plutôt que d’en imposer une.
Ce que cela permet. Prédire un stade — floraison, véraison, éclosion d’un ravageur — bien mieux qu’une date de calendrier. Un printemps froid retarde tout ; un printemps doux avance tout. Le compteur en degrés-jours suit ce décalage, le calendrier non.
La même unité, pour le bâtiment
Le principe se retourne. Les degrés-jours de chauffage comptent, chaque jour, l’écart en dessous de 18 °C : c’est la demande de chauffage. Les degrés-jours de climatisation comptent l’écart au-dessus.
Sur les fiches climat de ce site, ces deux séries racontent le réchauffement mieux que la température moyenne : les degrés-jours de chauffage baissent, ceux de climatisation montent, et la bascule se lit directement en besoin énergétique.
Les limites
La formule ignore les plafonds : au-delà d’une certaine chaleur, le développement ralentit au lieu d’accélérer, et le cumul le compte pourtant. Elle ignore aussi l’eau, la lumière et l’azote. Un degré-jour est un indicateur thermique, pas un modèle de culture.